Ce qui caractérise le
conseil
Le conseil présente trois spécificités.
-Il est "immatériel": vous achetez une prestation
intellectuelle destinée à pouvoir "travailler
différemment" dans l'entreprise.
-Il est "progressif": c'est au fur et à mesure de
l'avancement dans la réalisation de la prestation que le conseil
démontre son efficacité.
-Il est "difficilement mesurable": l'ensemble des
effets d'une intervention de conseil n'est pas toujours
quantifiable et les bénéfices ne sont pas forcément
immédiats, mais il faut néanmoins s'astreindre à en observer
les résultats.
Ce qui caractérise les
consultants
Observateurs, enquêteurs et méthodiques, ils apparaissent
parfois éloignés de la vie de l'entreprise, mais c'est en
acceptant ces particularités que vous bénéficierez de l'apport
du conseil. Ce qui va alors faire leur spécificité, ce sont
leurs capacités:
-d'être à l'écoute et de détecter les faits marquants dans la
vie de l'entreprise;
-d'exercer leur intuition et leur clairvoyance;
-de conserver leur indépendance de pensée;
-de pratiquer des analyses et de construire des synthèses.
Quelle que soit la spécificité du consultant et la nature de la
mission envisagée, vous êtes alors en droit d'attendre mais
aussi d'admettre:
-son besoin de "se mettre pour un temps dans la situation du
dirigeant" pour mieux comprendre ses problèmes et l'aider
à les formuler;
-son regard extérieur pour être plus perspicace;
-son souci de neutralité pour "échapper à tout parti
pris";
-son cheminement méthodique pour "faire le tour de ce qui
lui semble spécifique à l'entreprise";
-ses expériences similaires pour "apporter sa vision"
d'autres secteurs;
-ses propositions d'objectifs à atteindre dans un délai
raisonnable;
-son rôle "d'aiguillon" pour vous aider à décider et
à agir au moment opportun.
Ce qui caractérise la
profession
La profession de conseil est un paysage:
-diversifié, à la fois dans la nature des missions (conseil
personnalisé au dirigeant, audits, études, réalisations
techniques...) et dans les domaines d'intervention qui
s'appliquent à toutes les fonctions de l'entreprise (production,
conception de produits, commercial, finance, social, gestion de
risques...);
-hétérogène, par la taille des structures (de l'indépendant
à la "multinationale" du conseil). Globalement les
grosses structures bénéficient d'une image de marque qui
rassure. Elles connaissent les branches professionnelles,
réunissent plusieurs spécialités et disposent d'un champ
d'expérimentation et de méthodes éprouvées par la variété
de leurs interventions. Les petites structures sont souvent
spécialisées sur des créneaux spécifiques couvrant une
fonction de l'entreprise (commerciale, production...) ou
généralistes d'un secteur économique. Les indépendants se
retrouvent dans toutes les spécialités;
-évolutif, par l'apparition permanente de nouveaux venus, la
restructuration continuelle par fusion, absorption et par
constitution de réseaux.
Les différents rôles
que peuvent exercer les conseils en PMI
Selon la taille des cabinets et le cursus personnel des
consultants, on peut distinguer quatre rôles principaux.
L'expert
C'est le spécialiste d'un domaine fonctionnel (analyse de la
valeur, "stylique", production, informatique,
juridique, comptable, social, gestion de risques...) ou d'un
secteur économique. Il porte un diagnostic (perspectives,
risques, coûts, vétusté...), il évalue une situation et
formule des recommandations d'amélioration.
On fait appel à lui généralement pour résoudre des problèmes
bien identifiés et pour lesquels on achète avant tout une
compétence technique et une méthodologie.
Le spécialiste d'études ou d'enquêtes
Il apporte à l'entreprise une photo/analyse de l'extérieur
permettant au dirigeant de connaître son environnement (étude
économique, étude de marché, veille technologique...).
On lui achète une information et une méthodologie de collecte
et d'analyse.
L'inspirateur
Il connaît l'ensemble des rouages de l'entreprise, il joue le
role de miroir ou de révélateur face aux interrogations du
dirigeant. Il sait détecter les manques ou les richesses
potentielles. Il oriente la recherche d'opportunités.
Appelé par le dirigeant à l'occasion de préoccupations ou
d'anomalies de fonctionnement, il est parfois pour le dirigeant
le conseiller "à l'année" qui suit la vie de
l'entreprise. Il est souvent un confident du chef d'entreprise
pour des décisions stratégiques ou pour le devenir de la
société.
Parfois la mission exige par sa durée et son intensité de
conclure un contrat de cadre ou de manager intérimaire à temps
partiel.
L'accompagnateur
Dans une relation suivie et durable, le consultant mène à son
terme, en s'appuyant sur des structures opérationnelles, les
décisions prises par le dirigeant.
Ce rôle comporte la conception d'actions à entreprendre et
l'aide à leur mise en oeuvre après avoir porté le plus souvent
un diagnostic.
Au-delà de ces rôles, on trouve deux rôles particuliers de
prestataires proches du conseil et qui souvent agissent en amont
ou en aval des précédents:
-le formateur qui prend en charge un groupe ou un service d'une
entreprise pour lui faire découvrir de nouvelles méthodes de
travail sur un plan général ou dans le cadre d'un projet
opérationnel ou d'un plan de progrès;
-le réalisateur qui rejoint l'entreprise pour y conduire tout ou
partie d'un projet pendant un temps donné, par exemple
l'ingénierie d'une ligne de production, une application
informatique...
Les pratiques de
collaboration
La démarche du conseil sera différente selon les conditions
dans lesquelles le dirigeant aura recours au conseil.
1er cas d'utilisation: le conseil dont l'intervention s'impose
-Il s'agit des conseils auxquels on recourt pour des raisons
légales: certification de comptes, expertises obligatoires,
vérification de conformité à des normes (techniques, hygiène,
sécurité, environnement, actions contentieuses, sinistres...).
-Ce sont, par exemple, les commissaires aux comptes, les experts
comptables, les experts techniques, les bureaux de contrôle
technique.
Dans ce type de collaboration, le besoin est défini. La
prestation à fournir est relativement bien cernée. Le
diagnostic n'est pas indispensable. L'intervention du conseil se
limite en principe au problème posé et concerne peu le
fonctionnement général de l'entreprise.
2e cas d'utilisation: le conseil auquel on décide
délibérément de recourir
Trois origines:
-une difficulté: pour "supprimer un pépin" dans
l'entreprise, ou remédier à une situation qui se dégrade; le
conseil comme action curative;
-une préoccupation: pour se prémunir, "tout semble aller
mais comment se mettre à l'abri d'un coup de vent
contraire"; le conseil comme action préventive;
-une ambition: pour se développer ou créer (diversification,
augmentation de son assise...); le conseil comme action
évolutive, le "bond en avant".
Dans ces types d'intervention, la démarche correspondante
comporte en principe les étapes suivantes:
-l'état des lieux (l'existant);
-la détection du problème;
-l'analyse du problème faisant ressortir aussi bien les forces
et les faiblesses que les menaces et opportunités;
-la formulation de recommandations et les chances de réussite;
-la construction des plans d'actions;
-la mise en oeuvre des recommandations par les plans d'actions;
-l'assistance aux plans d'actions.
Toutefois, I'intervention du conseil peut se limiter à une ou
plusieurs des étapes de cette démarche selon le besoin perçu
par le dirigeant.
La déontologie du
conseil
Le dirigeant doit ouvrir son entreprise au consultant dans une
relation de confiance pour établir une véritable collaboration.
Il paraît équitable en retour que le dirigeant ait des
exigences vis-à-vis du conseil.
-Intégrité: les conseils doivent agir indépendamment de tout
intérêt particulier ou commercial de nature à influer sur leur
intervention. Dans le cas contraire, ils doivent s'en ouvrir au
client.
-Professionnalisme: les conseils n'acceptent que les missions
relevant de leur champ de compétences.
-Confidentialité: les conseils respectent la propriété
intellectuelle de leur client et ils sont tenus à l'obligation
de confidentialité sur leurs interventions.
-Transparence: les conseils sont capables de justifier la
démarche et les coûts de leur intervention (de quelles
prestations s'agit-il, à quel prix, et qui l'exécute). Loi
Sapin du 29 janvier 1993.
Le respect de ces exigences constitue l'essentiel de la
déontologie du conseil.